Pulvérisation localisée sur plants de pomme de terre: retour d'expérience sur 3 ans d'utilisation

Dans un contexte de pression économique et réglementaire croissante, certains agriculteurs innovent pour optimiser leurs intrants, préserver l’environnement et maîtriser leurs coûts. C’est le cas de cet utilisateur du pulvérisateur HORSCH Leeb LT, qui pratique depuis trois campagnes la pulvérisation en bandes, une technique de plus en plus pertinente sur des cultures sensibles comme le plant de pomme de terre. 

 

Une pulvérisation ciblée, pour une efficacité maximale 

Sur son exploitation, ce client cultive des plants de pommes de terre, lin, blé, orge et colza. Mais c’est exclusivement sur les plants de pommes de terre qu’il utilise la pulvérisation en bandes. 

“Dès la levée, il faut protéger toutes les nouvelles feuilles jusqu’au stade 100% de levée, car les virus sont transmis par les pucerons. On intervient très régulièrement avec de l’huile minéral jusqu’à ce que la plante atteigne 10 à 15 cm de haut.” 

Les pommes de terre sont plantées à 75 cm d’interrang. Lors de la levée, la plante n’occupe qu’environ 20 cm de largeur. Grâce aux buses disposées tous les 25 cm sur la rampe, une seule buse sur trois est déclenchée, ce qui permet de traiter une bande de 40 cm sur les 75 cm. Résultat : la surface traitée est significativement réduite, sans compromis sur la protection. 

Un système optimisé avec le quadrijet 

Le passage de la pulvérisation en plein à la pulvérisation en bandes est facilité par l’équipement en porte-buses quadrijet rotatifs. L’agriculteur peut ainsi changer de buses depuis la cabine, selon les besoins du traitement (type de produit, débit, type de jet), sans avoir à descendre du tracteur. 

“Honnêtement, je ne perds pas plus de temps qu’avec une pulvérisation en plein. Il suffit juste de changer le litrage et le type de buses enregistrés dans le boîtier.” 

Si l’option quadrijet représente un investissement, elle est vite amortie, surtout sur les 200 hectares de plants de pomme de terre traités annuellement. 

Des économies concrètes, sans impact sur le rendement 

Avec ce système, l’agriculteur estime économiser environ 25 % de produit par passage. Lorsque seuls des traitements à base d’huile minérale sont appliqués, cela représente jusqu’à 35 € d’économie par hectare en huile minérale. En période de pression fongique, l’économie peut monter à 60 € par hectare. 

“Pour 200 hectares de plants que je protège annuellement, cela me permet d’économiser entre 7000 et 12 000 €. » 

Etant donné qu’un pulvérisateur est normalement amorti sur 5 à 7 ans, cela constitue un gain substantiel de 35 000 à 60000 €. 

Même après la phase de levée, deux passages supplémentaires en bandes sont possibles grâce à des portes buses inclinés de part et d’autres de la butte qui permettent de cibler les plantes plus développées sans élargir trop la zone de traitement. Sur ces derniers passages, l’économie reste d’environ 10 %. 

Maîtrise des IFT et respect de l’environnement 

Outre l’aspect économique, la pulvérisation en bandes permet de réduire l’IFT (Indice de Fréquence de Traitement), en baissant la dose à l’hectare sans réduire la dose appliquée sur la plante elle-même. L’intérêt est double : réduire l’impact environnemental, et éviter de gaspiller du produit sur les interrangs. 

“On ne traite pas la terre, ce qui n’a aucun intérêt. On est plus précis, plus rationnels et on optimise.” 

Des exigences techniques à ne pas négliger 

Pour réussir la pulvérisation en bandes, certaines conditions doivent être réunies : 

  • Une rampe ultra stable, positionnée à 30 cm au-dessus du rang, pour éviter un élargissement involontaire du jet, ce qui est le cas grâce au système BoomControl qui équipe les pulvérisateurs HORSCH. 

  • Des buses avec un angle adapté : après plusieurs essais (40° trop étroit, 65° trop large), l’agriculteur a trouvé le bon compromis avec des buses à 50°. 

  • Une gestion fine du litrage, notamment entre les tournières traitées en plein et les zones centrales traitées en bandes. Il travaille aujourd’hui avec 120 L/ha en bandes, contre 200 L/ha habituellement. 

Bilan  

La pulvérisation en bandes ne change ni le prix de vente des cultures, ni le rendement, ni la qualité des pommes de terre. Mais elle permet une utilisation plus intelligente des produits, et une réduction mesurable des intrants, ce qui compte de plus en plus dans les bilans techniques et environnementaux des exploitations. Par ailleurs, elle permet d’amortir plus rapidement le pulvérisateur.