Le broyeur comme le Cultro TC expose et fragmente les cannes, tandis que le déchaumeur les mélange dans les premiers centimètres du sol, améliorant le contact sol–résidus, limitant la survie des larves de pyrale et de sésamie en maïs grain

Gestion des résidus derrière maïs grain - Cultro TC

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Après la récolte du maïs grain, les parcelles restent couvertes d’un grand volume de résidus, généralement 8 à 10 tonnes de cannes par hectare, qui restituent de la matière organique mais peuvent aussi freiner le démarrage de la culture suivante. Leur rapport C/N élevé ralentit la décomposition et peut perturber l’implantation de la culture suivante.  

Il est donc important de gérer correctement ces résidus. Dans les systèmes où les résidus restent en surface, ils peuvent également devenir un réservoir de maladies comme les fusarioses, rouille du maïs et la production de (DON), une mycotoxine qui peut contaminer les grains du blé suivant et entraîner leur déclassement (Source : ARVALIS - Essai blé tendre, 2003).

Les résidus hébergent également des ravageurs comme la pyrale ou les sésamies. Ces larves passent l’hiver protégées des intempéries dans les tiges et collets1. Le défi pour l’agriculteur est donc de favoriser une dégradation rapide de cette biomasse pour libérer plus tôt les nutriments, réduire les risques sanitaires et faciliter les opérations d’implantation tout en préservant la structure du sol. 

 

 

Quand intervenir après récolte ? 

Le plus tôt possible, en effet, les larves de pyrales et sésamies migrent en quelques jours vers le collet où elles sont mieux protégées et plus difficiles à détruire. Cependant, si une intervention est possible avant l’hiver, même éloignée de la récolte, elle sera bénéfique. Une incorporation réalisée rapidement après la moisson augmente l’efficacité de la décomposition des résidus, en augmentant le temps de contact sol-résidus.  

Les différentes méthodes de gestion des résidus  

Le broyage des résidus de maïs peut se décliner en plusieurs niveaux d’intensité selon l’objectif recherché.  

  • Le simple broyage sous bec du cueilleur peut constituer la première étape : il réduit la longueur des cannes et limite les risques de bourrage au sol, mais laisse généralement 10 à 15 cm de tiges en place et n’atteint pas les larves installées dans les bas de tiges. Suivant l'itinéraire, la hauteur trop faible de coupe peut néanmoins constituer un frein pour garantir une qualité ultérieure de broyage.

  • Vient ensuite le broyage seul, réalisé avec un outil dédié après récolte, qui permet un hachage plus fin et plus homogène ; cette méthode accélère la décomposition, facilite le passage des outils de semis et réduit la survie des foreurs, mais laisse les résidus en surface sans véritable incorporation.  

  • Enfin, le broyage combiné à un déchaumage superficiel constitue l’itinéraire le plus complet : le broyage expose et fragmente les cannes, tandis que le déchaumeur les mélange dans les premiers centimètres du sol, améliorant le contact sol–résidus, limitant la survie des larves de pyrale et de sésamie, et réduisant la charge en Fusarium.  
    Cette combinaison est aujourd’hui considérée comme l’un des moyens les plus efficaces pour sécuriser la culture suivante tout en favorisant une minéralisation plus rapide2.  

 

Le rouleau couteaux Cultro TC : une solution agronomique performante 

L’outil Cultro TC* trouve toute sa pertinence pour la gestion des résidus de maïs grain et prépare le terrain pour une incorporation fiable des résidus avec un déchaumeur à disques  : 

  • Le Cultro TC peut atteindre des vitesses allant jusqu’à 20 km/h, offrant un hachage extrêmement rapide et une capacité d’intervention sur de grandes surfaces dans un laps de temps réduit. Cette polyvalence, associée à la qualité de coupe même en présence de volumes importants de résidus, fait du Cultro TC un levier particulièrement adapté aux chantiers de maïs grain.  

  • Pour une incorporation optimale des résidus et une capacité optimale de passage en présence de volumes importants et des résidus de nature particulièrement résistante, on privilégiera l’utilisation d’un Joker HD Classic. Les disques de 620 mm favorisent un mélange intensif grâce au dégagement très important et une profondeur de travail jusqu'à 15 cm, tout en assurant un bon contact terre-résidus stimulant leur décomposition.  
    A noter qu'avec l'arrivée de la nouvelle gamme Joker HD, les capacités de la machine seront décuplées avec l'intégration d'un outil frontal comme le rouleau couteaux ainsi que la possibilité de configurer l'outil avec des disques de 680 mm pour travailler jusqu'à 20 cm.

    *NB : En montage frontal, le Cultro est souvent combiné à un déchaumeur à disques indépendants comme le Joker CT ou RT pour réaliser un broyage puis une incorporation de la matière organique en un seul passage. Pour la gestion des résidus de type colza, tournesol, céréales, mais également de couverts végétaux, cette combinaison assure une qualité suffisante de broyage tout en permettant un gain de temps et une réduction de la consommation de carburant. Pour les résidus abondants et particulièrement résistants comme le maïs grain, le châssis plus lourd du Joker HD est dimensionné spécifiquement pour garantir une qualité de travail supérieure, sans risque de bourrage en raison du dégagement supérieur et des disques de 620 mm. 

Témoignage Cultro TC + Joker HD derrière maïs grain : une solution gagnante

A Aire-sur-l’Adour dans les Landes, la société SAS Barrailh travaillent des terres très sableuses. Sur cette exploitation, le rouleau couteaux Cultro 12 TC est utilisé en premier passage afin de déchiqueter et éclater les résidus de maïs grain qui sont incorporés ensuite avec un Joker 5 HD Classic (destruction de 1200 ha/saison). Les couverts sont semés simultanément grâce à une trémie frontale HORSCH Partner FT. 

Pourquoi le Cultro TC se positionne-t-il comme une solution pertinente sur le plan technique, agronomique et économique ?
 
1. D'un point de vue économique, le prix de la prestation par hectare s’établissait à 75 €/ha avec son broyeur il y a deux ans (il estime qu’il serait aujourd’hui à 80–85 €/ha), tandis qu’un passage avec le Cultro TC s’établit à 35 €/ha. Le coût d’entretien de la machine est pour l’instant nul puisqu’après 1 an d’utilisation, les couteaux sont toujours en parfait état, tout comme le reste de la machine. En comparaison, il utilisait deux jeux de fléaux par an sur son broyeur. 
2. D'un point de vue qualité de broyage, l’efficacité de la machine se vérifie en éclatant et déchiquetant correctement les résidus de cannes de maïs avant le passage du Joker HD.  
Il faut être néanmoins conscient de certains paramètres influant sur la qualité de travail :  

  • Le type de résidus: certaines variétés avec des tiges très dures seront plus résistantes et ont tendance à être plus souvent couchées que coupées.  

  • Par expérience, le travail est plus efficace lorsque la récolte est réalisée avec un cueilleur sans le broyeur sous bec.  

En effet, maintenir de plus longues tiges permet au Cultro TC de sectionner et de générer des impacts plus efficaces sur les cannes de maïs. Les tiges sont mieux déchiquetées, ce qui permet aussi de détruire suffisamment l’habitat des larves de pyrales et sésamies.  

Un essai de 15 ha derrière une récolte de maïs doux avec une végétation très verte s’est avéré très concluant. 
 

3. Côté débit de chantier, il tourne entre 15 et 18 km/h, même s’il pourrait atteindre 20 ha/h avec une capacité de traction supérieure. Auparavant, il n’arrivait pas à suivre la cadence des chantiers malgré la présence de salariés jour et nuit payés en heures supplémentaires. Le passage du CultroTC juste après la récolte lui permet désormais de gérer l’ensemble de ses parcelles, sans journées à rallonge. 

1Pour lutter efficacement contre les deux principaux ravageurs du maïs que sont la pyrale du maïs et la sésamie, il faut agir à plusieurs moments du cycle de la plante en activant plusieurs leviers : 

  • Lutte biologique -> on réalise des lâchers de trichogrammes lorsqu’on détecte des pontes, ce qui permet d’atteindre une efficacité d’environ 75 % dans des conditions optimales. Cette méthode est cependant fastidieuse et demande un suivi régulier. 

  • Lutte chimique -> Positionnement d’un insecticide pendant la première période de ponte ou le pic de vol. Il n’existe cependant pas de lutte curative après la pénétration de la larve dans la tige. 

Après la récolte : les larves hivernent dans les bas de tige et les collets. Pour limiter ce risque, la destruction des tiges suivi d’un enfouissement rapide détruit mécaniquement une partie des larves et expose les autres aux intempéries (Source : bayer-agri.fr). 

2 Selon ARVALIS, un simple broyage détruit 50 à 70 % des larves de pyrale ou de sésamie, tandis qu’ajouter un travail superficiel permet d’atteindre une efficacité de 75 à 85 %.