Fertilisation au semis d'orges de printemps - Apport d'engrais avec la semence (partie 1)

Le contexte actuel incite de plus en plus les agriculteurs à optimiser l’efficience de leurs apports d’engrais afin de maintenir un bon état nutritionnel des cultures, et donc des bons rendements, tout en optimisant leurs intrants.  La localisation des engrais au semis figure parmi une des solutions techniques pertinentes pour répondre à cet objectif.


Pour introduire le sujet, revenons sur les enjeux concrets de la fertilisation azotée et phospho-potassique en orges de printemps.

A l’inverse du colza, les orges de printemps ont un cycle végétatif relativement court. La culture peut alors voir son rendement fortement pénalisé en cas d’aléa climatique. Ainsi les épisodes de sécheresse ou de froid peuvent être à l’origine d’une baisse de disponibilité de l’azote issu de l’engrais apporté en surface. 
 

1. Apports de P  

Dans le cas des éléments P et K, la localisation de l’engrais à proximité des futures racines est judicieuse car ces éléments sont peu mobiles.les Les besoins nutritionnels en phosphore du colza sont les plus importants pendant la phase juvénile, au stade 5-6 feuilles. 

Ceux qui ont abandonné tout travail du sol depuis de nombreuses années le savent : la localisation des engrais est quasiment indispensable quand on démarre en semis direct. Le travail du sol entraîne une minéralisation par oxydation de la matière organique qui libère des éléments comme l’azote et le phosphore. Le froid et le manque d’oxygène lorsqu’on ne travaille pas le sol peuvent bloquer l’assimilation du phosphore, qui est un élément indispensable au démarrage de la plante pour assurer un bon développement des racines. 
La localisation d’engrais phosphaté présente donc tout son intérêt avec l’Avatar qui est doté d’au moins deux cuves : une pour la semence et une pour l’engrais. 

2. Apports de N

Concernant l’azote, l’intérêt ne réside pas dans un apport à proximité des racines (car l’azote est mobile dans le sol) mais plutôt dans l’enfouissement de l’engrais. En effet, cet élément est sujet aux pertes gazeuses par volatilisation ammoniacale d’autant plus lorsqu’on est dans le cas d’une période sans pluies. Dans ce cas, les quantités d’azote absorbées par la culture sont supérieures indiquant une meilleure efficacité de l’apport d’engrais azoté. 

En comparaison avec un apport en surface et ce pour une même dose, la localisation de l’engrais azoté au semis, conduit soit au même niveau de rendement ou à une progression du rendement significative (de l’ordre de 3 q/ha en orge de printemps). Cette progression du rendement est d’autant plus significative en cas de conditions météorologiques rendant difficile la valorisation des apports en surface. 

Même dans le cas où le rendement ne serait pas influencé du fait des conditions climatiques par un apport localisé en comparaison avec un apport en plein, cela peut contribuer à une optimisation du nombre d’interventions sur la parcelle en nécessitant un passage d’épandeur à engrais de moins. 

Dans ce cas précis, la localisation des engrais avec des semoirs disposant de système de trémies à 2 ou 3 cuves permet de limiter le nombre de passage. 

 

Facteurs de risques & choix de la technique de fertilisation suivant l'itinéraire

Si la localisation des engrais au contact des jeunes racines présente des avantages intéressants, elle présente également des risques pour les cultures résultant de deux manières:  
 

  • Toxicité des engrais : dans le cas de l‘azote, elle apparaît lorsqu’une trop grande quantité d’azote sous forme ammoniacale est absorbée par les tissus. Le risque augmente quand l’azote est apporté sous forme ammoniacale ou uréique (si celle-ci est rapidement hydrolysée en ammoniac). Même en utilisant de l’urée protégée, il faut être très vigilant à ne pas brûler le germe. 
     

  • Salinité des engrais : l’application d’engrais à forte salinité  peut déplacer l’équilibre ionique du sol et entraîner des pertes en eau au  niveau des racines par osmose. Ces transferts d’eau peuvent générer des dégâts pour les cultures par déshydratation des racines, conduisant à des nécroses racinaires et au dessèchement des plantules.  

Les risques et le niveau de dégâts sur les cultures dépendent : 

  • du type d’engrais  

  • de la dose apportée 

  • de la localisation de l’engrais par rapport à la graine  


Dans le cas d’une fertilisation G&F, il faudra se prémunir des risques de toxicité en suivant les dosages recommandés par ARVALIS sur la base des résultats d’essais figurant ci-contre. 

 Intérêt du placement simultané de l’engrais et de la semence : système Grain & Fertilisant 

Les systèmes d’apports de type G&F figurent parmi les solutions possibles, en particulier pour les apports en faible quantité. L’objectif est d’avoir un effet starter le plus rapide possible pour augmenter le développement racinaire et foliaire dans le but de valoriser au mieux l’ensoleillement. Pour ce type d’apport, il est nécessaire d’adapter la formulation et la quantité d’engrais comme ce dernier est en contact direct avec la semence.  Cette technique est très utile pour placer les éléments peu ou pas mobile. 

Les trémies double ou triple cuve des semoirs de la gamme de semoirs en ligne Pronto DC, Avatar SD et Avatar LC permettent ainsi un dosage précis et individuel de la semence et de l’engrais, les deux produits étant ensuite acheminés simultanément jusque dans la ligne de semis.  

La configuration de la cuve MiniDrill G&F permet d’apporter un troisième produit, en l’occurence un anti-limace. Il est lui aussi acheminé en mélange avec la semence et l’engrais dans la ligne de semis. Ce système peut être équipé sur la gamme Pronto DC, Avatar SD et Avatar LC.